Mardi 14 Décembre du Calendrier de l’Avent de Nutrithérapie intégrative

La connaissance permet d’avoir un esprit critique, la compréhension des choses permet d’analyser les informations qui nous sont données. Voilà une clef que vous pourrez utiliser quand vous en aurez besoin.

Jour 14 : je vous en dis plus sur les essais cliniques pour que vous puissiez comprendre par vous-mêmes comment sont menés des programmes d'autorisation des médicaments.

Jour 14 : aujourd’hui, je vous informe sur les essais clinqiues. Ce sont des connaissances techniques que j’ai apprises lors de ma longue carrière passée dans l’industrie pharmaceutique, avant de devenir une thérapeute. Pour tout, sur tout, l’information existe, elle est là à disposition. Ne vous contentez pas des voies télévisuelles pour vous informer, cherchez à savoir plus.

Alors tout d’abord, un peu de lecture 🙂

Je vais vous parler des essais cliniques auxquels doivent se soumettre toute entreprise souhaitant mettre un produit à visée médicale sur le marché.

Un essai ou étude clinique, aussi appelé essai thérapeutique, est une étude scientifique et médicale menée selon un protocole thérapeutique médical humain pour évaluer l’efficacité et la tolérance d’un médicament.
Ces essais suivent une expérimentation pharmacologique et des tests chez l’animal, avant d’arriver chez l’homme en vue d’une mise sur le marché pour qu’il puisse être prescrit sur ordonnance par les praticiens de santé.
 
Une autorisation de mise sur le marché, ou AMM, s’obtient au bout de trois étapes aussi appelées phases cliniques :
Phase I
: évaluation de la toxicité du médicament
A ce stade, les essais sont menés principalement sur un nombre restreint de 10 à 40 sujets sains (non malades) sous contrôle médical très strict sur une très courte période. Ces volontaires peuvent être indemnisés.
L’objectif de cette phase est :

d’évaluer la sécurité d’administration du produit, son action dans l’organisme, son
seuil de tolérance ainsi que de lister les effets indésirables
ressentis (EI rares ou fréquents) et les interactions médicamenteuses observées, ou autres contrindications d’usage
de définir la dose et la fréquence d’administration qui seront recommandées dans les protocoles de Phase III et IV

Phase II
: définir la dose optimale efficace sans risque pour les sujets.
Les essais sont réalisés sur 40 à 80 sujets malades
L’objectif est de confirmer l’activité clinique pharmacologique attendue du médicament
à la dose recommandée à l’issue de la phase I.

Phase III
: Comparer l’efficacité du nouveau médicament au placebo ou à un médicament de
référence déjà validé dans l’indication s’il existe

Menés sur de plus larges populations de malades (plusieurs centaines)
, ces essais sont très souvent multicentriques (menés dans de nombreux médecins investigateurs principaux situés dans des centres
de recrutements en Europe, le plus souvent des hôpitaux spécialisés).

Les essais permettent de comparer l’efficacité thérapeutique de la molécule au
traitement de référence (lorsque celui-ci existe) ou bien à un placebo (lorsqu’ aucune
thérapie n’existe).
Ils vont déterminer le rapport bénéfice/risque de pharmacovigilance qui va permettre l’obtention de la mise sur le marché avec une négociation de prix pour remboursement.
Généralement, ni le patient, ni l’équipe médicale ne savent quel traitement reçoit
chacun des sujets malades (essai en double aveugle) : cela permet d’écarter tout préjugé ou
jugement faussé par un effet placébo ou nocébo de l’une ou l’autre partie sur son efficacité ou ses effets indésirables.
 
Les phases de développement sont très suveillés et les protocoles de chaque phase doivent être autorisés par des CPPRB, comités d’experts qui vérifient si les conditions de l’étude sont éthiques et ne vont pas nuire aux sujets (sains ou malades) concernant le médicament en développement :
1. pharmacocinétiques (modalités de l’absorption, de la distribution, du métabolisme et de
l’excrétion du médicament)
comme la demi-vie, le temps d’élimination du médicament
2. pharmacodynamiques (mécanisme d’action du médicament notamment)

3. thérapeutiques (efficacité et tolérance)
donc effets indésirables potentiellement attendus, contrindications d’administration et intéractions médicamenteuses due à la molécule, ou par effet de classe thérapeutique.
 
Le médicament obtient une AMM en fin de phase III si les résultats obtenus dans les études montrent un réel résultat positif :
efficacité comparable mais profil de tolérance meilleur, efficacité supérieure au placebo ou traitement de référence avec une balance bénéfice/risque identique ou meilleure par exemple. Un nouveau produit ne sera pas validé s’il ne montre pas un intérêt supplémentaire par rapport à ce qui existe, il ne sera pas non plus autorisé si son bénéfice n’est pas largement supérieur au risque présenté. 
Par exemple, dans une maladie rare pour laquelle il n’existe pas de traitement, la balance bénéfice/risque sera évaluée différemment que pour une pathologie ayant déjà 10 molécules de référence sur le marché. SI le risque est grand mais que les patients n’ont pas d’options disponible, le risque d’emploi sera notifié à la prescription.
En cas de grande nécessité pour accélérer la mise sur le marché d’un traitement dans une pathologie où rien n’est disponible, une ATU autorisation temporaire de mise sur le marché pourra être obtenue, elle est toujours conditionnée : aucun traitement disponible, population très à risque, rapport bénéfice/risque clairement évalué et phase III terminée ou très surveillée.
Après sa mise sur le marché, un produit entre en phase IV. Avant cela, il est rarement testé sur plus de 500 personnes, sa mise sur le marché entraîne une surveillance accrue du profil de tolérance sur une très grande population. Ce suivi peut amener une remontée de cas qui annulerait sa disponibilité sur le marché, d’autant plus si le produit est en ATU et que son dossier d’AMM n’est pas complet.

 

Demain, je vous poste une vidéo sur le sujet, pour vous en dire un peu plus. Le temps que vous intégriez toutes les informations que je vous ai communiquées ici ce soir.

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